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 Drapeaux gris

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mademoiselle zouzou
Lutin
Lutin


Nombre de messages : 3
Localisation : bordeaux
Date d'inscription : 11/02/2007

MessageSujet: Drapeaux gris   Jeu 22 Fév - 0:23

Drôle d'expo que celle de
"Drapeaux gris" dont le titre évoque une certaine neutralité.
Pourtant, si l'on s'en tient à un petit tour et puis s'en va, on en ressort au
bord de la crise de nerfs "J'ai rien compris, ils sont tous nuls !"
ou au bord du suicide "Je ne suis pas capable de comprendre !".
Après avoir oscillé entre les deux, j'ai opté pour la vie et j'ai attendu
patiemment que la conférencière guide mes pas et ma pensée et m'ouvre les yeux
sur ce monde inaccessible à de simples mortels.

Tout d'abord revenons sur le titre de l'expo qui explique le parti pris et le
courant de réflexion de ces artistes contemporains. "Drapeaux" comme
l'étendard d'une révolte, l'appartenance à un mouvement (en l'occurrence le
leur). "Gris" car ni noir, ni blanc mais dans toutes les nuances de
cette couleur peu marquée mais qui offre beaucoup de possibilités. Ces
artistes ne se veulent pas dans l'opposition, dans la contestation, comme l'ont
été nombre de leurs prédécesseurs, car, pour eux, tout mouvement de révolte a
toujours été récupéré par le système (exemple : les punks et la mode) et donc
se vide de son sens. Jusque là, tout va bien, vous me suivez ? Et donc, il
s'agit d'intégrer le système et ses codes pour mieux s'en moquer et montrer ses
défaillances. Ici, on ne dit plus "non" pour se révolter, on dit
"oui" en montrant et en démontant le système.

Ainsi, on commence la visite avec un œuf en or (fondation Cartier, bonjour la
révolte !) qui n'est rien d'autre (excusez du peu) qu'un autoportrait de
l'artiste (mince ! je ne me rappelle plus son nom, d'ailleurs ne pas compter
sur moi pour le titre des œuvres et le nom des créateurs, je n'ai rien retenu).
Un artiste n'est pas forcément quelqu'un de mal habillé, mal coiffé, à moitié
alcoolisé, bref à côté de ses pompes, ce peut être quelqu'un qui aime
soigner son apparence, bien rasé, bien coiffé et qui sent bon. Moi, je vois
quelque chose de lisse et qui doit être onéreux, je cherche la révolte, le
"non" déguisé en "oui", mais je ne vois qu'une boule de
pétanque de luxe (oui, je sais, je suis très terre à terre, je ne suis qu'une
simple mortelle, ne l'oublions pas).


Tout de même, pour m’élever
au-dessus de ma condition, je contemple un ventilateur suspendu décoré de
papier toilette blanc et là, je me demande (ce ne sera pas la première fois de
la visite) s’il s’agit d’une œuvre d’art ou tout simplement d’un oubli
« Mince j’ai encore oublié mon PQ sur le ventilo ! » se
lamenterait l’électricien du CAPC. Et là, on m’apprend qu’il s’agit d’une œuvre
où l’artiste témoigne de l’opposition sacré (l’œuvre) et trivial (papier
toilette et ventilateur), les deux étant réunis à jamais.


La raideur de la nuque devenant
douloureuse, mon regard redevient terrien pour se poser sur deux rouleaux de
moquette posés contre un mur. Décidément, l’homme à tout faire du CAPC est
négligent, il va falloir faire quelque chose. D’autant que deux têtes de lit
(façon mobilier But sous Louis XV) sont posées sur notre passage. Toujours la
même question : « C’est-y du lard ou du cochon ? ». Mais
c’est de l’art chère madame, car, après tout, tout est histoire de contexte. Si
je vais à Saint-Maclou, un samedi après-midi et que je vois les deux mêmes
rouleaux de moquette, ce n’est pas une œuvre, par contre le dimanche après-midi
au CAPC : oui ! Au-delà de l’aspect ridicule, je trouve que la
question du regard que l’on porte sur une œuvre ou pourquoi pas sur une
personne, une idée, est fortement dépendant du contexte. Idée intéressante,
bien-sûr, mais je ne peux pas m’empêcher de dire que c’est un peu gonflé d’en
faire tout un plat !


La mannequin qui me regarde n’a
pas l’air touchée par ma réflexion. Elle est chauve, habillée un peu comme un
sac (pantalon informe et sweat-shirt assorti) et tient à la main un papier. Que
veut-elle bien nous dire ? « Il faut avoir la clé » nous dit
notre charmante guide. En regardant l’arrière du sweat, on voit qu’il s’agit
d’une marque de vêtements que seuls les initiés connaissent et cette mannequin
qui nous apparaît si banale, devient extraordinaire, car elle a
« The » sweat. Tout cela pour
nous dire qu’en matière d’art contemporain, si vous n’avez pas le code,
cherchez pas, vous ne comprendrez rien !


Bon, j’ai l’air un petit peu
amère avec toutes mes réflexions. L’expo parsemée d’une vingtaine d’œuvres est
du même acabit, je vous épargne l’exposé scolaire œuvre par œuvre.


J’ai beaucoup apprécié (et je
n’étais pas la seule) que quelqu’un me guide pour m’expliquer le contexte, la
volonté de l’artiste. Je ne trouve pas forcément cela élitiste que l’œuvre
n’apparaisse pas dans toute sa vérité au premier coup d’œil. Après tout, je
n’ai jamais été sensible au charme de « La Joconde » et peut-être que
si on me donnait quelques clés quant à cette œuvre, je l’apprécierai à sa juste
mesure.


Non, ce qui ressort de cette
exposition, c’est que désormais, l’approche de l’art est intellectuelle. Toute
œuvre est une réflexion et c’est tout. Il n’y a pratiquement plus d’approche
esthétique. D’où l’inaccessibilité pour le terrien moyen. Quant à la révolte,
je la cherche toujours. Qu’y a-t-il de dérangeant dans ces œuvres ? A quel
prix ces artistes vendent-ils leurs œuvres ? Le milieu de l’art
contemporain (que je ne côtoie pas) me semble corrompu et se mordre la
queue : petit noyau d’artistes que s’entre montrent leurs œuvres. Où est
l’ouverture sur le monde ? Où est la révolte ? Qu’en est-il de
corrompre ce système délirant où un bout de moquette a statut d’œuvre
d’art ? Je ressors de cette exposition la tête envahie par des questions
(oui, je sais, c’est ça l’art contemporain, mener une réflexion etc.), mais
surtout avec un grand éclat de rire. La façon sérieuse dont tout cela est
traité a quelque chose de comique. Je m’en vais de ce pas chez Ikea, il paraît
qu’ils ont reçu des étagères bois de toute beauté !



Exposition
« Drapeaux gris » au CAPC, 7 rue Ferrère à Bordeaux

Du 20/12/2006 au 18/03/2007

Visites commentées les samedis et dimanches à 16 heures
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nomade
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MessageSujet: Re: Drapeaux gris   Sam 24 Fév - 21:32

je n'ai pas vu l'exposition,
vous m'avez fait mourir de rire ça fait longtemps que je n'avais pas rit comme ça.
et on m'a dit exactement la même chose : mortelle rendonnée !!!
bon je n'irai pas voir cette exposition.
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Modile
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Date d'inscription : 20/02/2007

MessageSujet: Re: Drapeaux gris   Ven 9 Mar - 10:25

J'irai voir cette expo, vous m'en avez donné l'envie..... de m'en payer une bonne tranche.... de rire, et puis essayer de trouver de l'art dans un rouleau de moquette pourquoi pas, ça me permettrait de voir d'un bon oeil le b----- qui m'entoure (et gratuitement et tous les jours).Surprised))))
Ah où va se loger l'art !!!! pas que dans la couenne du cochon, apparemment.
Merci pour votre humour de bon matin ça fait partir du bon pied !
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